Réglementation
Droit de préemption urbain : sécuriser une vente immobilière en zone préemptable
En zone de préemption, la vente ne se conclut pas librement : le propriétaire doit d’abord informer la commune, qui peut acheter en priorité le bien.
23 juin 2026, 18 h · 6 min de lecture

Quand un bien est situé dans une zone de préemption urbaine, le vendeur ne peut pas signer librement avec l’acquéreur de son choix. Le dossier doit d’abord passer par la commune, qui dispose d’un droit d’achat prioritaire. Pour un mandataire, l’enjeu est simple : repérer le risque dès la prise de mandat et organiser la vente en tenant compte de ce passage obligé.
01 — Le mécanisme
La commune peut acheter en priorité
Le droit de préemption urbain permet à une collectivité, le plus souvent la mairie, d’acheter en priorité un bien immobilier mis en vente lorsqu’il est situé dans une zone déterminée à l’avance. Le propriétaire n’est donc pas libre de vendre immédiatement au candidat acquéreur de son choix.
Selon le Code de l’urbanisme, ces droits de préemption sont exercés en vue d’actions ou d’opérations répondant à des objets d’intérêt général, ou pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation de ces opérations.
En zone de préemption, la vente ne se traite pas seulement avec un acquéreur : elle se traite aussi avec la collectivité.
02 — Le point de blocage
La vente peut être retardée, ou ne pas aller au bout
Avant de conclure la vente avec un acquéreur, le vendeur doit d’abord proposer le bien à la commune. Cette étape est la source principale de délai : tant que la collectivité n’a pas exercé ou renoncé à son droit, la vente ne suit pas le circuit habituel.
Service Public rappelle qu’en pratique, le bien ne peut pas être cédé immédiatement à l’acheteur initialement prévu. La commune examine l’opportunité d’acheter à sa place. Le dossier peut donc être ralenti, et la vente peut aussi échouer si la collectivité décide d’acheter le bien.
Le risque n’est pas seulement le délai : la collectivité peut se substituer à l’acquéreur pressenti.
03 — Le réflexe de départ
Identifier la zone avant de promettre une vente simple
Le premier réflexe consiste à vérifier, dès la prise de mandat, si le bien est situé dans une zone de préemption définie par la commune ou l’EPCI compétent. Service Public indique que le propriétaire d’un bien situé dans une telle zone doit, en priorité, proposer la vente à cette collectivité.
Cette vérification permet d’éviter une présentation trop rapide du dossier comme une vente classique. Elle conditionne la suite des échanges avec le vendeur, l’acquéreur et, le cas échéant, le notaire.
04 — Le dossier à préparer
Anticiper la déclaration d’intention d’aliéner
Le formulaire Cerfa 10072*04 est la déclaration d’intention d’aliéner, ou demande d’acquisition d’un bien soumis à un droit de préemption. Il sert à informer la commune de l’intention de vendre et à obtenir cette déclaration pour un bien situé dans une zone de préemption.
Le formulaire est à transmettre à la mairie. Pour un mandataire, l’enjeu opérationnel est de faire remonter l’information tôt afin que le calendrier de vente tienne compte de cette formalité et de son traitement par la collectivité.
05 — Le cadre juridique
Un droit encadré par le Code de l’urbanisme
L’article L. 210-1 du Code de l’urbanisme fixe les finalités des droits de préemption institués par ce titre. L’article L. 212-1 prévoit la création de zones d’aménagement différé par décision motivée du représentant de l’État dans le département, sur proposition ou après avis de la commune et après avis de l’EPCI compétent.
Le dispositif est donc doublement encadré : par le zonage, et par la procédure de notification à la collectivité. Pour le professionnel, cela signifie qu’un bien peut être vendable, mais pas selon le calendrier ni le schéma de cession initialement envisagés.
Ce que change Freya
Freya permet de centraliser les informations du mandat, de repérer qu’un bien est en zone préemptable et de garder la trace des échanges liés à la vente. Le mandataire peut ainsi suivre plus facilement les étapes du dossier, partager les pièces utiles avec les parties prenantes et éviter qu’une formalité de préemption soit découverte trop tard dans le processus.
Questions fréquentes
Qui doit être informé en cas de vente en zone de préemption ?
La commune doit être informée avant la conclusion de la vente, via la déclaration d’intention d’aliéner.
Le vendeur peut-il choisir librement son acquéreur ?
Pas immédiatement : la collectivité dispose d’un droit d’achat prioritaire dans la zone concernée.
La vente peut-elle être bloquée ?
Oui, si la commune décide d’exercer son droit de préemption à la place de l’acquéreur initial.
Quel document est utilisé pour la notification ?
Le formulaire Cerfa 10072*04, intitulé déclaration d’intention d’aliéner ou demande d’acquisition d’un bien soumis à un droit de préemption.

Ce que change Freya

