Comparatif

CRM immobilier : l'état de l'art 2026

Quinze ans de consolidation, une vague d'IA venue des États-Unis, et des agents qui jonglent avec une demi-douzaine d'outils. Revue complète des logiciels qui équipent les professionnels français — et de la place qu'y prend un nouvel entrant.

8 juin 2026, 9 h · 14 min de lecture

CRM immobilier : l'état de l'art 2026

Le choix d'un logiciel de transaction n'a rien d'anodin pour un professionnel de l'immobilier. C'est décider où vivront ses mandats, ses acquéreurs et ses relances, et combien de temps il passera à ressaisir des données plutôt qu'à vendre. Le marché français des éditeurs a connu une décennie de rachats : trois groupes adossés à des fonds d'investissement — Orisha, Septeo et le canadien Constellation Software — ont absorbé la plupart des acteurs historiques, tandis qu'une poignée d'indépendants tiennent encore la distance.

Ce dossier compare ces solutions à périmètre égal, celui des CRM dits « tout-en-un », sur les fonctions qui structurent vraiment une journée de travail : gestion des contacts et des leads, pige, estimation, multidiffusion, signature électronique, production de documents, intelligence artificielle, mobilité. Les outils mono-fonction ne sont pas traités comme des concurrents : ils éclairent un autre sujet, celui du coût d'un métier contraint d'empiler les abonnements. Les chiffres ont été collectés et recoupés en juin 2026 ; leurs sources figurent en fin d'article.

01 — Le terrain

Un marché qui se redresse, des usages qui se déplacent

Après deux années de recul, le volume des ventes est reparti à la hausse : 921 000 transactions dans l'ancien sur les douze mois arrêtés à fin septembre 2025, en progression de 11 %. La profession compte environ 30 000 agences en activité, mais sa composition change vite : les mandataires indépendants représentent désormais la moitié des conseillers, et leurs réseaux captent 28 % des transactions, contre 13 % en 2018.

30 000
agences immobilières en activité (2025)
921 000
ventes dans l'ancien, 12 mois à fin septembre 2025 (+11 %)
47 000
mandataires en réseau, en hausse de 7 % sur l’année
28 %
part des réseaux de mandataires dans les ventes

Sources : Notaires de France (décembre 2025) ; baromètre La Maison des Mandataires (avril 2026) ; consensus presse professionnelle.

Cette bascule vers des conseillers mobiles, autonomes, qui travaillent au téléphone et sur messagerie autant qu'au bureau, déplace les attentes. Sur un marché où, selon les références internationales du secteur, le premier agent à répondre emporte près de huit mandats sur dix, l'outil cesse d'être un simple fichier : il devient l'avantage compétitif. C'est à cette aune qu'il faut juger les solutions du marché.

02 — Les généralistes français

Huit logiciels pour une même promesse : tout gérer depuis un seul écran

Tous visent le même objectif — couvrir l'intégralité de la transaction — mais avec des héritages et des forces très différents. Voici, sans complaisance, ce que chacun fait réellement.

Les quatre poids lourds

Apimo
Apiwork · indépendant · fondé en 2006 · de 89 à 139 € par mois

Édité par une société indépendante installée dans le Sud, Apimo revendique plus de 25 000 agents dans une vingtaine de pays. Sa force est la diffusion : connexion native à l'interface du groupe SeLoger et à plusieurs centaines de portails, signature et bibliothèque juridique intégrées. Son intelligence artificielle reste limitée à la retouche de photos et à la rédaction d'annonces, et il n'embarque pas de gestion locative.

Pour qui : les agences à portefeuille international ou haut de gamme qui veulent la meilleure diffusion.
Hektor
La Boîte Immo, groupe Septeo · fondé en 2010 · prix non public

Avec 8 500 agences et 45 000 utilisateurs quotidiens, Hektor est la référence des agences indépendantes. Pige, estimation et multidiffusion sont natives, et c'est lui qui pousse le plus loin l'IA générative française : rédaction automatique d'annonces, amélioration de photos, assistant vocal. Deux reproches reviennent : une grille tarifaire opaque (estimée de 70 à 150 € par mois selon les modules) et une application mobile en retrait du poste fixe.

Pour qui : l'agence indépendante qui veut le standard du marché, avec une vraie couche d'IA générative.
Netty, devenu Modelo Office
groupe Septeo · fondé en 2008 · à partir de 89 € par mois

Racheté par Septeo puis fondu dans la suite Modelo, ce logiciel possède le meilleur moteur juridique et documentaire du marché : plus de 300 modèles d'actes, partenariat avec la FNAIM, mise à jour automatique à chaque évolution réglementaire. Multidiffusion, estimation et signature sont natives. En contrepartie, c'est le plus faible des grands sur l'IA — aucune fonction avancée — et les options font vite grimper la facture.

Pour qui : l'agence établie qui place la sécurité juridique de ses actes avant tout, à prix d'entrée connu.
Immofacile
Orisha Real Estate (ex-AC3 / Périclès) · de 59 à 300 € par mois

Héritier de la consolidation d'AC3 et de l'ancien Périclès, aujourd'hui sous la bannière Orisha, Immofacile offre la plus large couverture de groupe : transaction, estimation (via Jestimo) et gérance-syndic réunies, avec une diffusion native vers SeLoger. Il équipe de grands réseaux comme Orpi, Century 21 ou Nestenn. Revers de la médaille : une marque morcelée par les rachats successifs et une tarification opaque.

Pour qui : les grandes agences et réseaux qui veulent transaction, gestion et syndic chez un seul éditeur.

Les challengers

Adapt Immo
Groupe TSS / Constellation Software · fondé en 2001 · sur devis

Adossé au canadien Constellation Software, Adapt Immo (environ 800 clients) mise sur la stabilité et l'ouverture : pige, multidiffusion et signature natives, estimation intégrée jusque dans l'application mobile, et un écosystème d'intégrations soigné. Son IA se limite pour l'heure à un « robot rédacteur » d'annonces.

Pour qui : la petite et moyenne agence qui veut un socle français durable et interconnecté.
SweepBright
indépendant (Belgique) · fondé en 2016 · à partir de 90 € par agent

Le belge SweepBright apporte la meilleure expérience mobile du marché et une interface résolument moderne, ce qui lui a valu le déploiement d'Orpi (près de 1 300 agences). Sa direction IA est récente — recherche en langage naturel, assistant conversationnel. Il reste plus léger sur les spécificités juridiques françaises.

Pour qui : les agents et réseaux qui privilégient l'ergonomie mobile sur la profondeur juridique.

Les spécialistes du neuf

Leizee
indépendant · immobilier neuf · sur devis

Conçu pour la commercialisation de programmes neufs (stocks, options, réservations, dénonciations) plutôt que pour la revente, Leizee se distingue par une large diffusion et un positionnement économique. L'information publique reste limitée et plusieurs fonctions ne sont pas documentées.

Pour qui : les promoteurs et commercialisateurs de programmes neufs.
Eudonet Immobilier
indépendant · promoteurs / aménageurs · de 40 à 130 € par utilisateur

Rare éditeur à publier ses tarifs, Eudonet propose un CRM B2B très paramétrable, taillé pour la gestion de programmes (plans de masse, grilles de prix) avec signature via DocuSign. Il s'adresse davantage aux promoteurs qu'à la revente classique, et reste limité en estimation comme en diffusion.

Pour qui : les promoteurs et constructeurs qui veulent un CRM configurable à prix transparent.

À part, les grands réseaux de mandataires ne s'équipent pas sur le marché : ils développent leur propre outil, intégré et fermé — l'Intranet et l'application PlayIAD chez iad, Omega chez SAFTI, Tremplin chez Capifrance. Pratiques pour le réseau, ces environnements ont un revers connu : les données n'y sont généralement pas récupérables le jour du départ — un angle mort que notre dossier mandataire ou agence détaille.

03 — Le comparatif

Fonction par fonction

Le tableau ci-dessous résume douze critères pour les huit généralistes français, auxquels s'ajoute le nouvel entrant analysé plus loin. Les pastilles distinguent une fonction native, une fonction partielle ou déléguée à un module séparé, et une fonction absente.

Tableau 1 — Couverture fonctionnelle des CRM immobiliers français, juin 2026

SolutionCRM /
Leads
PigeEstim.Multi-
diffusion
SignatureDocsIAMobileWhatsAppSiteLocatifPrix / mois
Apimo89–139 €
Hektor70–150 €
Netty / Modelodès 89 €
Immofacile59–300 €
Adapt Immosur devis
SweepBright90 € / agent
Leizeesur devis
Eudonet40–130 €
Freyabêta privée
  natif  partiel ou via module séparé  non disponible

★ Intelligence artificielle native et « agentique » : extraction des données et exécution d'actions, au-delà de la seule génération de texte (voir §05).

04 — Le coût caché

La facture du multi-outil

Aucun logiciel ne fait tout également bien. L'agent complète donc son CRM : un service pour diffuser, un autre pour la pige et la donnée de marché, un troisième pour estimer, un quatrième pour signer, un cinquième pour le dossier notarial, un sixième pour la location. Additionnez les tarifs d'entrée publics de ces spécialistes :

UbiflowUbiflow · multidiffusion89 €
YanportYanport · pige et données de marché49 €
JestimoJestimo · estimation87 €
YousignYousign · signature électronique23 €
MyNotaryMyNotary · dossier de transaction48 €
RentilaRentila · gestion locative8 €
Total mensuel, hors CRM et hors portails304 €

Soit de 250 à 350 € par mois selon les formules — auxquels s'ajoutent le CRM lui-même et les abonnements aux portails (SeLoger, Leboncoin, Bien'ici), souvent plus lourds que tout le reste. Le problème n'est pas que financier : c'est de la donnée saisie plusieurs fois, désynchronisée d'un outil à l'autre, et un agent réduit à faire le messager entre ses logiciels.

Le vrai concurrent d'un CRM immobilier n'est pas un autre CRM : c'est la demi-douzaine d'onglets ouverts à côté.

05 — Vu d'ailleurs

La vague de l'IA, et le retard français

Aux États-Unis, les CRM immobiliers ne se contentent plus d'enregistrer : ils agissent. Les chefs de file y déploient des assistants qui qualifient les prospects par SMS jour et nuit, transcrivent les appels et les réinjectent dans le dossier, ou détectent dans la base les propriétaires les plus susceptibles de vendre.

Tableau 2 — Les CRM immobiliers dopés à l'IA, hors de France

SolutionOrigineUtilisateursPrix / moisCapacité IA phareEn France
Lofty ex-ChimeÉtats-Unis~50 000 prosdès 449 $Système d'agents autonomes (AOS) + détection des vendeursnon
BoldTrail kvCOREÉtats-Unis400 000+~499 $Recherche en langage naturel + vision sur les photosnon
Follow Up Boss ZillowÉtats-Unis100 000+ agents58–69 $ / pers.Transcription d'appels + relances rédigées par l'IAnon
Sierra InteractiveÉtats-Unisn. c.dès 300 $Agent SMS 24/7 qui qualifie et relance jusqu'à 12 moisnon
ReapitRoyaume-Unin. c.sur devisAssistant vocal RAI — annoncé, pas encore livrénon

n. c. : non communiqué. Prix d'entrée affichés par les éditeurs ou relevés par la presse spécialisée (2026).

Deux constats ressortent. D'abord, aucune de ces solutions n'est disponible en France : Follow Up Boss, Lofty, Sierra et BoldTrail restent cantonnés à l'Amérique du Nord ; Reapit s'arrête au Royaume-Uni. Ensuite, aucune n'est réellement conçue autour de l'IA : toutes greffent ces fonctions sur un cœur de CRM pensé il y a dix ans. Le « CRM qui se remplit tout seul » n'existe, en 2026, que chez des start-up généralistes, sans déclinaison immobilière. Quant aux éditeurs français, leur IA se résume aujourd'hui à la rédaction d'annonces : ni assistant conversationnel qui agit, ni transcription d'appels, ni détection prédictive des vendeurs. Le retard est d'un cran supplémentaire.

06 — Le nouvel entrant

Freya, l'IA native sur un socle tout-en-un

C'est exactement la case laissée vide — un CRM à la fois tout-en-un, conçu autour de l'IA, et pensé pour le marché français — qu'occupe Freya. Édité en France et déployé en bêta privée auprès de mandataires sur leurs dossiers réels, l'outil prend le problème par l'autre bout : au lieu d'ajouter un peu d'IA à un logiciel existant, il part de l'IA. La donnée s'extrait seule des documents et des échanges, des règles déterministes décident, et chaque sortie du modèle est validée avant d'être écrite en base.

Concrètement, ce qui fonctionne aujourd'hui :

  • Extraction automatique de tout document — un diagnostic, un mandat, un titre de propriété : les champs se remplissent seuls (DPE, surfaces, honoraires).
  • Un assistant qui agit — il crée biens, acquéreurs et offres, planifie les visites et envoie les messages, derrière un garde-fou d'autorisation déterministe.
  • Plus de quarante documents éditables et exportables en PDF : fiches, mandats, baux, offres, avis de valeur, étude viagère.
  • Une chasse intégrée — les critères d'un acquéreur déclenchent une veille et un rapprochement automatiques sur les annonces du marché.
  • Le canal WhatsApp et la transcription d'appels réinjectés directement dans le dossier, plus l'estimation, le community management et l'application mobile.

Côté briques transactionnelles que les généralistes ont mis quinze ans à bâtir, deux sont désormais intégrées en natif — la multidiffusion vers SeLoger, Leboncoin et Bien'ici, sans passer par un outil tiers, et la signature électronique, du mandat à l'offre. Reste une dernière brique, annoncée pour le troisième trimestre 2026 :

  • Registre des mandats alimenté automatiquement à chaque mandat signé.

La lecture est honnête : sur les fondamentaux transactionnels, les majors français gardent l'avance d'une longue expérience, et Freya doit encore livrer une dernière brique. Mais sur la colonne où tous, français comme américains, restent à la traîne — une IA qui travaille vraiment, et non un simple générateur de texte — c'est elle qui prend une longueur d'avance, en réunissant le tout sous un seul abonnement plutôt qu'une demi-douzaine.

07 — Que retenir

Trois marchés, une case vide

Le panorama 2026 se lit en trois temps. Les CRM français sont solides sur la transaction mais en retard sur l'IA. Les CRM américains sont en avance sur l'IA mais absents du territoire, et bâtis sur des cœurs hérités. Entre les deux, la combinaison tout-en-un, IA native et conçue pour la France n'était occupée par personne.

Pour l'agence ou le mandataire qui choisit aujourd'hui, le bon réflexe n'est plus de comparer des fiches de fonctions équivalentes, mais de se demander combien d'outils il faudra brancher autour, et qui, du logiciel ou de l'humain, fera le travail de saisie. C'est sur ce terrain — celui de l'outil unique qui se remplit seul — que se jouera la prochaine décennie. Et c'est précisément là qu'un nouvel entrant comme Freya a choisi de se placer.

À propos

Le blog de Freya décrypte l'immobilier français pour les professionnels de la transaction : marché, réglementation, technologie, usages. Chaque article cite ses sources et date ses chiffres ; les données approximatives ou d'origine non publique sont signalées comme telles.

Publié par Freya. Les marques tierces éventuellement citées appartiennent à leurs détenteurs respectifs.